ENTRETIEN. Commissaire générale de la Saison Africa2020, N’Goné Fall s’est confiée au Point Afrique sur le contenu et le sens de cette manifestation.

Propos recueillis par Malick Diawara |  Le Point.fr

Quelle perception aura-t-on de l’Afrique à l’issue de la Saison Africa2020 finalement lancée début décembre de cette année en raison de la crise sanitaire du Covid-19 ? La question est posée. En attendant, il y a lieu de retenir que ce projet lancé à l’initiative du président Emmanuel Macron est d’ores et déjà inédit et hors normes. Hébergée à l’Institut français qui se promet de « faire vivre les cultures », la Saison Africa2020, dédiée aux 54 pays d’Afrique, est « conçue autour des grands défis du XXIe siècle » et se propose de « présenter les points de vue de la société civile africaine du continent et de sa diaspora récente ». Pour orchestrer tout ça, une commissaire d’exposition sénégalaise. Son nom : N’Goné Fall.

Diplômée de l’École spéciale d’architecture à Paris, cette ingénieure culturelle a fait ses preuves dans un parcours qui parle de lui-même. Professeure associée au département master en industries culturelles de l’université́ Senghor d’Alexandrie en Égypte (2007-2011), N’Goné Fall a également enseigné au département Curating the Archives à la Michaelis School of Fine Arts de Capetown en Afrique du Sud (2017) et à la filière arts et culture de l’université́ Abdou-Moumouni de Niamey au Niger (2018). Auparavant, elle a été directrice de la rédaction de l’emblématique magazine d’art contemporain africain Revue noire de 1994 à 2001, puis dirigé des ouvrages sur les arts visuels en Afrique, dont Anthologie de l’art africain du XXe siècle (Revue noire 2001), Photographes de Kinshasa (Revue noire 2001), Anthologie de la photographie africaine et de l’océan Indien : un siècle de photographes africains (Revue noire 1998), sans compter les nombreux plans d’orientation stratégique, d’études de programmation et de rapports d’évaluation pour des gouvernements et institutions culturelles nationales et internationales qu’elle a mis en place en Afrique, en Europe, aux USA et dans les Caraïbes. Cet entretien avec elle permet de mettre le doigt sur tous les challenges qu’elle a identifiés pour faire d’Africa2020 une réussite.

Le Point Afrique : En quoi est-il pertinent d’organiser Africa2020 maintenant ?

N’Goné Fall : L’Afrique est le continent qui a la population la plus jeune. À mes yeux, c’est dans cette jeunesse qu’il y a les leaders de demain. À travers leurs innovations, réfléchies, pensées, produites, ils peuvent être force de proposition et nous embarquer dans un XXIe siècle très différent du XXe siècle que nous avons connu.

Qu’est-ce que cela peut changer pour l’Afrique ?

D’abord, la façon dont cette jeunesse voit le continent et ses propres sociétés. Ensuite, le regard porté sur le passé et les générations qui l’ont précédée, sur le présent et sur l’avenir. Enfin, la confiance qui lui est donnée par l’écoute de ce qu’elle a à dire, ses propositions, ses rêves et ses défis. Pour moi, ce qui fait sens dans cette saison, c’est d’être une opportunité de donner la parole aux jeunes.

Quelle démarche comptez-vous adopter pour permettre une meilleure compréhension des univers africains et par les Africains et par les acteurs extérieurs ?

Cela est résumé dans le sous-titre : « Une invitation à comprendre et à regarder le monde d’un point de vue africain ». Il s’agit donc de donner la parole aux Africains. Cela signifie que la programmation est co-construite avec des professionnels du continent, soit des commissaires d’exposition, des responsables de centres d’art, de festivals, des professionnels de centres de recherches, dans tous les domaines et dans tous les secteurs professionnels. Ce dont il s’agit, c’est le regard de l’Afrique d’abord sur elle-même et comment ce regard est en résonance avec le reste du monde.

Il y a un domaine qui est extrêmement important qui est celui de la fiction à travers lequel il y a aussi celui de l’audiovisuel et de l’éducation. Comment comptez-vous donner un impact fort à ces secteurs-là dans Africa2020 ?

Par les films d’animation et les bandes dessinées, qui sont deux secteurs où se fabriquent les nouveaux imaginaires africains. On assiste à une explosion de studios d’animation sur tout le continent. Par exemple en Côte d’Ivoire, au Cameroun, au Ghana, au Kenya, en Tunisie ou encore en Afrique du Sud. Ce qui se passe, c’est que les jeunes sont en train de se réapproprier leur histoire et de transcender leur futur en créant l’Afro-futurisme et cela a commencé bien avant le film Black Panther. Les jeunes sont tout simplement en train de nous raconter des histoires d’un point de vue africain.

Pour ce qui est de l’éducation, c’est vraiment très important pour moi. J’en ai une vision transversale. Une réflexion est engagée autour d’un partenariat stratégique en France avec le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. Il y en a un premier avec le département de l’Histoire générale de l’Afrique de l’Unesco pour justement mettre à disposition de ce ministère français les mêmes outils pédagogiques que ceux mis en place par l’Union africaine pour enseigner l’histoire de l’Afrique sur des contenus validés des experts africains. Parallèlement, sur le plan artistique, des contenus pédagogiques sont mis en œuvre en partenariat avec des experts africains pour que les jeunes Français aient une vision plus réaliste de l’Afrique, plus proche de celle des Africains sur le continent.

Au-delà de la co-construction avec la France et les pays africains, il y a celle entre pays africains. Comment opérez-vous votre approche par aires culturelles ?

Tout projet doit être panafricain, pluridisciplinaire et axé sur la création contemporaine. Pour chaque projet, nous envisageons qu’il y ait aussi un professionnel africain qui développe ses propositions en collaboration avec un homologue français. Ensemble, ils vont réfléchir à un projet et les artistes africains sélectionnés le seront par le professionnel venu du continent.

Comment comptez-vous vous y prendre pour organiser une meilleure inclusivité, pour qu’il y ait à la fois des acteurs officiels, mais aussi des acteurs de terrain issus tout simplement des quartiers ?

Cette saison se fait avec la société civile. Moi-même, je viens de la société civile. Je ne représente pas l’État du Sénégal dans ce projet. Pour ce qui est des thèmes de cette saison, nous les avons élaborés avec des collègues venus des quatre coins du continent. À la sortie du premier atelier de réflexions, on a construit cinq thèmes. J’ai ensuite déroulé la feuille de route de la saison et chacun d’entre nous a alerté ses réseaux. Lors de grands événements culturels ou de festivals, sur le continent ou en France, j’ai aussi organisé des points d’information afin que l’information arrive dans tous les milieux de la société civile.

Actuellement, on parle beaucoup en économie de création de valeurs. Comment va-t-on pouvoir, de manière concrète, créer de la valeur sur le plan culturel en Afrique avec cette manifestation ?

Il y a déjà tout le volet de la création culturelle, dont font partie le cinéma ou les films d’animation. Il y a la mode également. On est en train de réfléchir non pas à faire des défilés de mode sympathiques où les gens applaudissent à la fin, mais justement montrer en quoi c’est une industrie. On est également en train de voir du côté des arts appliqués, de l’artisanat, bref de tous les domaines qui sont porteurs de transformations économiques. C’est pour ça que dans les axes proposés, il y a celui consacré à l’économie et à la création. Les thèmes tournent autour de la redistribution des ressources et de l’émancipation économique qui sont de grandes questions qui nous taraudent sur le continent. Il y a énormément d’économistes, d’intellectuel et d’artistes qui réfléchissent à l’état des économies dans les différents pays. Donc, pour Africa 2020, cela va se traduire dans la mise en place de résidences de réflexions, de conférences et d’expositions qui vont regrouper des artistes, des économistes, des politologues et des sociologues.

Donc, au-delà de la dimension que certains pourraient appeler poétique de l’approche culturelle, il y a une vraie vision de marché, d’économie, puisque l’Afrique en a besoin aussi…

Ce n’est pas tellement que l’Afrique en a besoin. Le monde entier en a besoin. Alors que certains pays africains ont des taux de croissance bien supérieurs à ceux de plusieurs pays occidentaux, je pense au Ghana, à l’Ouganda, au Sénégal, la question est de savoir ce qui va rester de cette saison à partir de 2021. L’idée est justement de planter dès à présent des graines. Tous ces projets vont avoir un impact. D’ailleurs, les professionnels africains impliqués sont déjà en train d’impacter les écosystèmes de leur pays sur le plan social, économique ou politique. Ce sont vraiment eux qui sont en train de faire bouger les lignes sur le continent.

Il y a la diaspora africaine qui joue un rôle important autant sur le continent que dans les pays où elle est installée, en l’occurrence la France. Quelle place va-t-elle pouvoir occuper ?

Cette saison sera portée par des professionnels de France et d’Afrique. Je souhaite que les diasporas soient partie prenante de l’organisation de la saison Africa2020. Nous nous employons d’ailleurs à les intéresser à proposer des projets dans le cadre de cette saison.

Il y a deux thématiques de la saison qui me frappent particulièrement par leur intitulé : fictions et mouvements non autorisés et systèmes de désobéissance. C’est un appel à une insurrection culturelle ?

Non, pas du tout. Quand nous avons fait cet exercice de réflexion à Saint-Louis du Sénégal, nous étions cinq de cinq pays différents, de quatre régions différentes et de générations différentes. C’était important pour moi d’avoir cette diversité parce qu’il n’était pas question que l’on soit dans la pensée unique. On s’est vraiment penché à l’échelle d’un continent à mieux cerner ce à quoi les gens pensent, à quoi les gens réfléchissent et à quoi ils aspirent. Et pour ces thèmes, nous avons donné des thèmes poétiques exprès pour voir comment les gens les transcenderaient. Et par fictions et mouvement non autorisés, on parle vraiment de la manière dont les populations circulent sur ce continent. Qui a le droit de circuler ? Comment se sont organisés ces déplacements depuis les millénaires depuis l’époque des caravanes ? Nous voulions également savoir ce que cela signifie aujourd’hui de circuler aujourd’hui dans des frontières héritées de l’époque coloniale. Nous souhaitions par exemple savoir d’où est-ce que vous veniez au regard de votre patronyme. En fait, tout l’enjeu de cette saison est de savoir comment ces barrières sont cassées, comment est transcendée la notion de territoire. Il faut savoir que beaucoup d’artistes travaillent sur les réalités virtuelles, il est alors intéressant de s’interroger sur comment ils réunissent les différents imaginaires ?

Le programme sur la désobéissance est assez incontournable. On ne va pas se voiler la face. Il y a beaucoup de citoyens qui militent et qui prennent position. À travers cette thématique, l’idée est d’aborder les questions de consciences et de mouvements politiques. On peut ainsi remonter très loin dans le temps et évoquer des moments de conquêtes, de révoltes, des grands personnages aussi comme Samory Touré. On va aussi aborder les périodes plus contemporaines avec la fin de l’apartheid ou bien les différents mouvements comme Y en a marre au Sénégal, ou Le Balai citoyen au Burkina Faso, voire les mouvements populaires au Maghreb comme le hirak. C’est d’autant plus important que la question de la citoyenneté est fondamentale non seulement pour les jeunes, mais pour leurs aînés aussi dont je fais partie.

S’agit-il de citoyenneté culturelle ?

De citoyenneté tout court, dans tous les domaines. Tout est lié. Il n’y a pas que le culturel. Je ne suis pas que culturelle. Il y a l’être social, le politique, l’économique, etc. C’est un tout.

Quid de l’impact de la langue dans votre organisation ?

Le défi est le même pour tous : transcender les frontières, les barrières qu’elles soient physiques, mentales ou linguistiques. Les jeunes d’aujourd’hui ont complètement transcendé ces histoires. C’est d’ailleurs très rare de trouver un Africain qui ne parle qu’une langue. En fait, l’idée avant tout est de réunir tous les professionnels, qu’ils soient anglophones, francophones ou autre. Nous sommes dans une dynamique panafricaniste.

Puisque vous parlez de panafricanisme, Africa2020 n’est-elle pas aussi une manifestation de réveil ou de manifestation de la mémoire… ?

Non ! Parce que cela voudrait dire que la mémoire est morte. Ce qui n’est pas le cas. Moi, j’ai grandi au Sénégal au temps du président Senghor et je me souviens qu’à l’école on apprenait l’histoire de toute l’Afrique. Ce qui fait qu’on se sentait véritablement africain. Pour nous, c’était une réalité. Donc, il s’agit juste de rappeler qu’il y avait un rêve d’unité, de panafricanisme, un destin collectif.

Sur un autre plan, cette manifestation arrive un ou deux ans après la démarche de restitution des biens culturels, quel est le lien que vous faites entre ces deux événements ?

Il n’y a pas de lien entre les deux annonces. Pour la restitution des biens culturels, il s’agit d’une commande du président de la République Emmanuel Macron à deux experts qui sont Bénédicte Savoy et Felwine Sarr. La Saison Africa2020 s’intéresse à la création contemporaine. Là où il y a aussi une différence, c’est que les restitutions ne concernent que les pays francophones dans lesquels la France a agi.

Quel est le regard que vous posez sur la création contemporaine plurielle africaine ?

Je vois une continuité, mais aussi une explosion de propositions, de l’énergie et surtout de la pertinence, qu’elle soit artistique ou conceptuelle de la part des créateurs dans tous les domaines. C’est un domaine que je connais bien puisque je travaille dans ce secteur depuis 1993. Il y a de nouveaux acteurs, il y a des scènes émergentes, que ce soit l’Ouganda qui est une grande surprise en ce moment, le Malawi, le Kenya, la Tanzanie, je peux citer l’Éthiopie. L’Égypte, quant à elle, a toujours été un pôle formidable, l’Afrique du Sud également, le Nigeria, etc.

C’est parce que dans tous les pays que vous avez cités il y a une prise de conscience beaucoup plus forte qui s’exprime ? À quoi est-ce dû ?

J’essaie de comprendre parce qu’effectivement ce sont des pays, surtout ceux de l’Afrique de l’Est, où je n’allais pas spécialement jusqu’en 1992. Je me disais qu’il ne s’y passait pas grand-chose. Et quand j’ai commencé à m’intéresser à eux vers les années 2010, j’ai reçu une claque. Et je me suis alors dit que c’était justement le moment.

À quoi est-ce dû ? Je me dis que c’est justement grâce aux jeunes. Les jeunes d’Afrique de l’Est voyagent beaucoup plus que ce soit physiquement ou aussi virtuellement. Cela crée une sorte d’émulation dans la sous-région. Ils circulent plus sur le continent justement avec cette volonté de savoir ce qu’il se passe dans le pays voisin, ce qui n’était pas forcément le cas dans les années 1980-1990 où c’était plus instable. Aujourd’hui, ce qui impressionne avec ces jeunes, c’est leur capacité à se mettre en réseaux. L’étendue de la toile qu’il tisse à travers le continent est vraiment impressionnante.

Avez-vous été frappée par cette différence en Afrique entre les francophones, les anglophones et les Sud-Africains par exemple ?

En effet. Je vais sur le continent depuis les années 1992. À l’époque, il n’y avait pas de réseaux sociaux, de mobile, d’Internet ni même d’e-mails. Il fallait y aller pour savoir. C’est vrai que les pays anglophones sont beaucoup plus dynamiques sur le plan économique et culturel. Les lusophones étaient un peu à la marge parce que beaucoup pris dans des guerres civiles et dans une certaine instabilité politique. Aujourd’hui, dans les pays comme l’Angola et le Mozambique, je suis ravie de découvrir toujours plus d’artistes, d’entrepreneurs, de sociologues, de philosophes. L’Afrique du Sud, différente à cause de son histoire, était repliée sur elle-même. Maintenant, des jeunes Sud-Africains bougent. Ils vont découvrir les autres pays du continent y compris les pays francophones en Afrique centrale ou Afrique de l’Ouest. Et ils s’intéressent de plus en plus à l’histoire de l’Afrique qu’ils ne connaissent pas parce qu’ils ne l’apprennent toujours pas à l’école.

On ne peut pas parler d’Africa2020 sans penser aux DOM-TOM, c’est-à-dire à ce qui relie de manière particulière le continent africain, les Africains et ceux qui vivent dans les départements d’outre-mer. Est-ce qu’il y a quelque chose de prévu de particulier avec ces territoires ?

La saison se déroule partout en France métropolitaine, mais aussi dans les DOM-TOM, avec des propositions de projets, de La Réunion, de la Guyane, de la Martinique, de la Guadeloupe… Donc, il y aura des projets construits de la même manière qu’en métropole, co-construits avec des professionnels africains.

Qu’est-ce qu’Africa2020 va apporter de plus aux politiques culturelles dans les pays africains et dans le rapport de la France à l’Afrique ?

Africa 2020 va permettre de dire qu’on a des professionnels en Afrique et que, dans certains pays, il y a des politiques culturelles pertinentes même si dans d’autres, elles le sont moins, et pour certains, inexistantes. En fait, quel que soit le contexte, la société civile s’est prise en main et c’est justement grâce à ces catégories socio-professionnelles que les écosystèmes sont en train de bouger. L’objectif est aussi de démontrer à nos dirigeants africains et aussi à la France que, quel que soient le discours du politique ou son immobilisme, son décalage par rapport à la réalité, les populations avancent.

Ne vit-on pas en Afrique dans une certaine schizophrénie culturelle qui consiste à dire que « le culturel est super important » et en même temps à ne rien faire pour le développer ?

Si, je suis d’accord avec vous, et je ne parle plus de culture avec les politiques africains.

Africa2020 est une manifestation organisée par la France avec les pays africains. Qu’est-ce qui, à l’arrivée, fera le succès de la manifestation dans la découverte que les Français vont avoir de l’Afrique à travers l’art de vivre ?

Si on a une chose en partage sur ce continent de plus de 30 millions de km2, c’est le sens de l’hospitalité. C’est ce qu’on appelle la « Téranga » en wolof, langue parlée au Sénégal. Je l’ai retrouvée partout où je suis allée. Nous allons donc la mettre en avant.

Il y a une importance de plus en plus forte du numérique. Comment la France et l’Afrique peuvent-elles rattraper les années perdues de connaissances l’une de l’autre, de plongée dans la mémoire et de création de marchés ?

Cela va prendre du temps et il faudra plus qu’une saison. Il faudra d’abord accepter qu’on ne sait pas tout ou qu’on a mal appris. Il faudra ensuite accepter réapprendre à travers Africa2020. Il faut en effet savoir que quand on invite un professionnel à réfléchir avec nous sur des projets, on est dans l’idée d’impacter les gens et de sortir de tous les clichés de part et d’autre. On verra à partir de 2021 et plus tard si on peut faire un bilan pour savoir à quoi a servi cette saison.

Une manifestation comme celle-ci est suffisamment importante pour courir des risques, c’est-à-dire qu’il y a des pièges. Quels sont les pièges qu’Africa2020 doit éviter pour atteindre tous ses objectifs ?

Il faut éviter le piège de la complaisance et s’assurer que tous les projets qui sont proposés respectent la feuille de route : panafricain, pluridisciplinaire, de création contemporaine co-construit avec un professionnel africain. C’est l’Afrique qui parle d’elle-même. Nous avons été invités en France pour parler de nous. Et cela, personne ne doit le faire à notre place. Quel que soit le public et quel que soit l’opérateur. Avant toute chose, je garde en tête de bien toucher les jeunes.