LIBÉRATION. La réalisatrice Maryam Touzani signe avec « Adam » un film poignant sur les luttes féminines au Maroc, une question qui résonne encore dans l’actualité.

 Par Eva Sauphie | Le Point.fr

 
Alors que l’affaire Hajar Raissouni est encore dans toutes les têtes, la réalisatrice marocaine originaire de Tanger fait se déplacer la question des femmes et de leur condition de la sphère publique à l’intime dans son film Adam, en salle depuis le 5 février. Dans cette boutique de pâtisseries nichée dans la médina de Casablanca, le temps est en suspens. Aucun objet contemporain n’apparaît à l’image pour dater notre époque. Pas de téléphone portable, mais un vieux radiocassette, ni d’appareils électroménagers. En lieu et place, une vieille plaque en fonte servant à la cuisson des msemen, les crêpes traditionnelles marocaines. « J’avais envie de créer un espace hors du temps, mais surtout hors contexte, pour me concentrer sur l’intériorité des personnages et voir comment la société, même vue de l’extérieur, a un impact sur eux », détaille Maryam Touzani, réalisatrice et actrice découverte à l’écran dans Razzia (Nabil Ayouch, 2017). C’est donc au sein d’un huis clos intimiste convoquant l’esthétique des tableaux de Vermeer que va se dessiner la lente et émouvante révolution psychologique de deux femmes, unies dans la solitude.