On ne peut que se féliciter que le budget santé au Sénégal ait triplé en 1980 et 2000. On peut également se réjouir que l’espérance de vie à la naissance soit désormais passé à 55 ans pour les hommes et à 58 ans pour les femmes.

 On peut aussi qu’être satisfait du taux de prévalence du Sida au Sénégal, l’un des plus faibles en Afrique. Mais ces quelques chiffres ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt car il subsiste dans le pays de grandes disparités, à preuve le fait que 70 % des médecins et 80 % des pharmaciens et dentistes sont installés à Dakar. Comme dans la plupart des pays africains la population sénégalaise à longtemps eu recours, et c’est encore vrai aujourd’hui dans une large mesure, à des guérisseurs ou en faisant appel à la médecine traditionnelle. La situation a quelque peu changé depuis 1962, date à laquelle l’école de médecine est devenue une faculté. Il faut aussi noter que depuis l’indépendance du pays de grands programmes internationaux en faveur de la santé et de l’hygiène ont été mis en place. Il n’en reste pas moins vrai que l’accès aux soins reste très inégal selon la région et les revenus.

Une progression alarmante du diabète

Parmi les principales pathologies spécifiques on retient principalement le paludisme, le sida, la tuberculose et la fièvre jaune pour ne citer que celles-là. On observe cependant ces dernières années une progression alarmante du diabète dans le pays et certaines sources bien affirmées estiment que sept cent vingt mille sénégalais, sur une population de douze millions d’habitants sont touchés par cette grave maladie, soit un taux de 4 à 6%. C’est ainsi qu’entre 1980 et 2000 plus de deux mille cinq cents nouveaux cas ont été recensés. Un programme de formation en diabétologie pratique a été lancé pour enrayer cette situation par le professeur Seydou Nourou Diop directeur du Centre national du diabète Marc Sankalé. Résultat, en trois ans les décès par coma sont passés de 37% à 1% et les amputations des jambes pour cause de gangrène de 7 à 2%. Il n’en reste pas moins que le nombre de médecins pouvant intervenir dans ce domaine reste encore trop limité et que la prise en charge des patients s’effectue presque exclusivement par le Centre national du diabète. Un important effort reste à faire en matière de formation de médecins capables d’assurer la prise en charge des diabétiques dans le pays et ce devrait être là une priorité nationale pour les prochaines années.

Par J.-.Y D