Au Consumer Electronics Show, la course touche aussi l’électrification des foyers non couverts. Ils sont 650 millions en Afrique subsaharienne.

Abhijit Bhattacharya est le directeur technique de Fenix International, une structure basée à Kampala, en Ouganda, et qui emploie près de 700 personnes de la Zambie à la Côte d’Ivoire en passant par le Bénin. Son motto ? Permettre à tout le monde de retrouver de l’énergie, et ce, à partir de 15 cents de dollar par jour. « Aujourd’hui encore, il y a 600 millions de personnes qui vivent sans électricité en Afrique. Tous les matins, elles se lèvent et s’éclairent à la bougie ou à la lampe à pétrole, et sont obligées de faire plusieurs kilomètres pour charger leur téléphone. » Fenix International a donc mis en place un kit solaire pour permettre à ces foyers d’avoir assez d’énergie pour vivre.

Problème, acheter cet équipement aurait été trop cher pour 95 % des foyers. Fenix International a donc mis en place un modèle économique particulièrement adapté. Les foyers versent un acompte – 5 dollars –, ce qui leur donne ensuite accès à un panneau solaire, une batterie et deux lampes. Ensuite, la famille paie 15 centimes de dollar par mois pour accéder au service. « Mais ce n’est pas un prêt, insiste Abhijit Bhattacharya auprès de ses visiteurs au CES. En effet, s’ils arrivent à supporter ce coût, les foyers deviennent propriétaires de cet équipement au bout d’une période qui va de 24 à 30 mois. En fonction des revenus du foyer, Fenix propose d’autres kits qui, tout en augmentant la production d’énergie, mettent d’autres produits à disposition, comme des cuisinières, des radios ou des télévisions.

 

Des systèmes d’irrigation sur mesure

Fenix International n’est pas le seul acteur à recourir à la création de réseaux off-grid pour réduire la fracture énergétique dans le monde. Née au Kenya, et soutenue par la Fondation Al Gore, l’entreprise M-Kopa se bat pour la mise à disposition, à terme et grâce aux panneaux solaires, de frigidaires dans des familles jusqu’ici non reliées aux réseaux électriques. Quant à EDF, elle a pris une participation dans la start-up kenyane Sunculture pour, grâce à des pompes solaires, mettre au point des systèmes d’irrigation sur mesure. Mais les ambitions de Fenix International, qui a été rachetée par Engie en avril, sont importantes. « Déjà présents en Ouganda, en Côte d’Ivoire, en Zambie, au Benin et en Algérie, nous voulons être à même d’équiper des millions de nouvelles personnes dans d’autres pays d’Afrique d’ici à cinq ans. »