La formation est un enjeu de taille pour l’Afrique et une aubaine pour les Grandes écoles internationales comme HEC Paris. © HEC Paris
 
La Grande École de commerce française a choisi la capitale économique ivoirienne pour capter les meilleurs talents de la région dont elle entend faire les leaders économiques de demain. 
 
PAR LE POINT AFRIQUE

Vingt-deux millions. C’est le nombre d’étudiants supplémentaires que comptera l’Afrique en 2030, selon une analyse démographique du cabinet Paxter. Autant dire une explosion sans précédent du nombre de personnes à former. Un défi pour l’Afrique, une aubaine pour les grandes écoles internationales, dont les françaises.

HEC Paris, une présence historique en Afrique

Depuis plusieurs années, le tropisme africain des meilleures business schools françaises n’a fait que se confirmer avec des partenariats, des ouvertures de bureaux de représentation, des créations de nouveaux programmes, des doubles diplômes mis en place ici et là. HEC Paris, l’une des plus grandes écoles parisiennes avec plus de 130 ans d’existence, n’est pas restée en marge de ce mouvement. Loin de là, car l’école a une longue tradition de formation de cadres africains. Notamment de formation continue pour les dirigeants des entreprises privées et des administrations publiques en Afrique francophone. Chaque année, près de 1 000 étudiants africains viennent suivre les programmes à Paris, et les partenariats se sont accélérés avec de nombreux établissements sur place comme l’Institut national polytechnique de Yamoussoukro. L’école a donc décidé d’ouvrir un bureau permanent à Abidjan, en Côte d’Ivoire pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, avec le soutien de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire où elle s’est installée. Après l’île Maurice, pour le développement dans l’océan Indien, l’Afrique de l’Est et Australe, cette nouvelle implantation va permettre à HEC de former une centaine de cadres aux métiers de la finance et de la stratégie d’entreprise.

Le bureau est dirigé, depuis juillet dernier, par Alexis John Ahyee. À 45 ans, ce Béninois est un dirigeant expérimenté dans les ressources humaines et le développement des talents avec une expérience professionnelle dans plusieurs pays de la sous-région. Passé à la direction des opérations chez Ecobank, ou encore British American Tobacco, il arrive à la tête de l’école dans le but précis de faire venir des étudiants prometteurs. « Abidjan est une des capitales africaines les plus dynamiques sur le plan économique avec un taux de croissance de 7,8 %. Forte de son brassage culturel et de son ouverture sur le monde, elle attire investisseurs, multinationales et entrepreneurs, un écosystème idéal qui favorise l’innovation et la création de valeurs. HEC Paris ambitionne de drainer les talents de Ouagadougou à Douala, en passant par Lagos et Dakar, en leur offrant des formations professionnelles aux standards internationaux. »

Former à l’élite avec les réalités du terrain

François Collin, directeur international de HEC Paris, affirme quant à lui : « L’engagement de HEC Paris en Afrique s’inscrit sur le long terme. Nous sommes un partenaire des économies et des réussites africaines, en mettant à leur disposition notre expertise et en contribuant à la formation des étudiants et des dirigeants. Le bureau pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale constitue ainsi une étape cruciale. Il est le signe que l’Afrique et ses dirigeants sont totalement intégrés aux chaînes de valeurs mondiales. »

« Dans sa mission éducative tournée vers l’international, HEC Paris veut être un acteur de la formation des futurs managers africains, contribuer au développement des compétences de ses chefs d’entreprise et dirigeants et accompagner les talents du continent, qui feront l’Afrique de demain. Aussi, je me réjouis que la République de Côte d’Ivoire ait fait confiance à HEC Paris pour former et accompagner le renforcement managérial et entrepreneurial de ses fonctionnaires : plus de 5 000 cadres de l’administration seront formés d’ici 2020 », confirme Nathalie Lugagne, directrice déléguée de HEC Paris pour l’Executive Education.

Le contenu pédagogique est constitué de deux programmes, l’un intitulé MUST est conçu pour les dirigeants en charge du développement de leur business unit. Et le second, l’Executive Certificate Finance a pour objectif l’acquisition des principaux concepts de la finance d’entreprise. Il faudra débourser entre 6 et 10 millions de Francs CFA pour obtenir le graal. La première promotion débutera sa formation en janvier 2019.